Argelès-sur-Mer est une commune des Pyrénées-Orientales d’environ 10 000 habitants. Elle constitue la partie sud de la côte sableuse du Roussillon. Comme Sainte-Marie-la-Mer, elle présente une configuration bicéphale : un noyau historique situé à l’intérieur, complété par une zone de « station balnéaire » qui s’étend le long du littoral.

L’économie de la commune repose principalement sur le tourisme littoral estival, avec de nombreux vacanciers accueillis principalement dans les 52 campings du territoire. Le littoral sableux de la commune s’étend sur environ 6 kilomètres. Il est interrompu au sud par le port, seul ouvrage artificiel présent sur ce tronçon, et au nord par l’embouchure du fleuve Tech.

La partie sud du littoral (3,5 kilomètres) est fortement urbanisée : le système dunaire y est peu développé et une promenade maritime borde directement l’urbanisation. À l’inverse, la partie nord conserve un caractère plus naturel, avec un cordon dunaire mieux préservé et la présence d’une réserve naturelle.

La zone du projet DUAL se situe à l’extrémité nord du secteur urbanisé. Depuis les années 1980, elle présente une légère avancée du trait de côte (d’environ vingt mètres), ainsi que l’absence de formation dunaire dans la partie haute de la plage, malgré la présence de végétation pionnière au printemps.

Le manque de gestion du flux de visiteurs vers la plage limite la colonisation végétale et empêche la formation d’une dune embryonnaire.

Argelès mise sur la nature pour protéger la plage et réduire le risque d’érosion et d’inondations, notamment dans la zone la plus urbanisée de son littoral. Les résultats seront évalués par un suivi et des travaux de terrain.

Actions

Les actions menées dans la commune d’Argelès-sur-Mer sont portées par la Communauté de Communes des Albères, de la Côte Vermeille et des Illibéris (CCACVI), compétente en matière de GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations), ainsi que par le Parc Marin du Golfe du Lion dans le cadre d’un contrat de coopération (PNMGL).

Le projet bénéficie d’un financement du PNMGL à hauteur de 65 % et de la CCACVI à hauteur de 35 %, pour un montant d’environ 450 000 €.

L’action s’inscrit dans la stratégie nationale pour la biodiversité portée par le PNMGL (OFB), ainsi que dans la Stratégie de Gestion Intégrée du Trait de Côte menée par la CCACVI, qui vise à utiliser des solutions fondées sur la nature pour s’adapter au recul du littoral.

L’action principale consiste à réintroduire une dune en milieu urbain dans le secteur nord d’Argelès-sur-Mer (zone entre le Casino d’Argelès-sur-Mer et le camping Le Roussillonnais).

Cette décision fait suite à la mise en œuvre, depuis 2023, d’un plan raisonné d’entretien des plages, qui a permis la récupération de végétation dunaire dans la partie haute de la plage.

La solution prévue consiste, grâce à l’installation d’éléments de protection (ganivelles), à protéger la végétation dunaire en cours de récupération.

Les premiers inventaires ont confirmé la présence d’espèces protégées (comme l’épiaire maritime). Ces dispositifs permettront de canaliser les accès, de limiter le piétinement et de favoriser la formation naturelle de la dune grâce au vent et à la capture du sable.

Aucune revégétalisation active n’est prévue, conformément à la stratégie nationale pour la biodiversité.

Le projet sera évalué par un suivi de terrain et par drone afin de vérifier la récupération du couvert végétal.

Un transect de végétation sera installé et intégré au suivi de l’Observatoire de la Côte Sableuse (OBSCAT).

Pour favoriser l’acceptation sociale, un travail de projection paysagère sera réalisé à différents horizons temporels afin d’aider les usagers à comprendre l’évolution du projet et sensibiliser aux risques d’érosion et de submersion.

Le projet fera l’objet d’une convention avec les services de l’État, avec une réévaluation prévue en 2033.